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LIVRE : Cinquante Nuances de Grey de EL James (v__v)

85c0d-9782253176503-tTitre : Cinquante nuances de Grey
Editions : (JC Lattès) Ebook
Auteur :  EL James
Année :  2011
Nombre de pages : 353 pages
Genre : érotique

Lu en mars 2015 

Ma note :  ★☆☆☆☆ (et même moins mais je ne peux pas mettre de demi-étoiles)
Pitch (Livraddict) :  Lorsqu’Anastasia Steele, étudiante en littérature, interviewe le richissime jeune chef d’entreprise Christian Grey, elle le trouve très séduisant mais profondément intimidant. Convaincue que leur rencontre a été désastreuse, elle tente de l’oublier – jusqu’à ce qu’il débarque dans le magasin où elle travaille et l’invite à un rendez-vous en tête-à-tête.

Naïve et innocente, Ana ne se reconnait pas dans son désir pour cet homme. Quand il la prévient de garder ses distances, cela ne fait que raviver son trouble.Mais Grey est tourmenté par des démons intérieurs, et consumé par le besoin de tout contrôler. Lorsqu’ils entament une liaison passionnée, Ana découvre ses propres désirs, ainsi que les secrets obscurs que Grey tient à dissimuler aux regards indiscrets…

Mon avis sur le livre :

Bon ! Il va falloir déballer tout son sac ici. Attention, ça va être long ! Alors je suis désolée pour ceux ou celles qui ont aimé ce livre mais cette chronique va être plutôt à charge !
J’avais voulu éviter ce livre pendant longtemps. Parce que c’était une fanfic de Twilight (que j’ai détesté), que j’avais entendu que c’était très mal écrit et pour pleins d’autres raisons. J’aurai voulu ne pas avoir à le lire pour être honnête.
J’ai tenu jusqu’à la sortie du film et là, j’ai vu surgir sur Tumblr et Facebook pas mal de polémiques concernant la saga littéraire (et donc le film) qui dénonçait le fait que ce n’était pas une amourette sado maso que des millions de femmes ont idéalisé, mais une relation abusive, de la violence conjugale et psychologique masquée sous les allures d’une histoire d’amour à l’eau de rose saupoudré de coups de cravache.

Ça m’a beaucoup interpelée et étant un peu frustrée de dénoncer un livre que je n’avais pas lu, j’ai décidé de m’y coller. Par contre, hors de question de donner des sous à madame James pour qu’elle puisse payer son jaccuzzi ou son voyage aux Seychelles ! Je l’ai récupéré en ebook. (j’ai déjà gâché 20 euros avec le tome 1 de twilight qui a fini à la poubelle, je n’allais pas refaire la même erreur ! Je suis sûre que j’ai de meilleurs bouquins à acheter avec ces 20 euros !)

Ma lecture : J’ai toutefois essayé de lire ce livre avec le plus d’ouverture possible, espérant trouver quand même des choses positives, à défaut de tous les problèmes que j’avais lu ici et là.
Dès le début de ce livre, j’ai roulé les yeux dans tous les sens possibles, j’ai voulu frapper ma Kobo, en espérant atteindre EL James de l’autre côté… c’était.juste.pas.possible.
Non seulement ça sent le style fanfic dès le premier paragraphe (attention je n’ai rien contre les fanfics ! Certaines sont même extrêmement bien écrites. J’en ai lues, j’en ai aimées, j’en ai même écrites !) Mais là, ça faisait juste mal aux yeux !
A ce moment-là, un ami à moi m’a dirigée vers un forum de snarks (des critiques ironiques des pires fanfics sur le net, histoire de rigoler un coup) et j’ai pu y lire le snark concernant 50NdG. Et ceci m’a sauvé ma lecture. MERCI ! MERCI A VOUS TOUS ! Rassurée de voir que d’autres avaient vu la même chose que moi, étaient choqués et s’énervaient sur les mêmes choses que moi, ça m’a redonné foi en l’humanité !
Heureusement qu’il y a eu ce snark car j’aurai eu du mal à continuer ma lecture !

Cela dit ! Je dois avouer que malgré TOUT ce que je peux reprocher à ce livre (et il y a BEAUCOUP de choses) cette lecture est devenue addictive (j’aime croire que c’est l’effet snark) Même si je savais que c’était écrit avec les pieds avec des personnages douteux sans aucune profondeur, je revenais vers ma Kobo et j’étais impatiente de lire la suite. J’ai même emmené ma liseuse au boulot pour pouvoir lire pendant ma pause !

L’univers : L’univers est contemporain. Rien de surnaturel ni hors du commun. On est entre Portland, Vancouver et Denver aux Etats Unis. Des buildings gris et froids… Un univers contemporain donc ! Cette histoire aurait pu avoir lieu n’importe où. Pas grand chose à dire… ça faisait longtemps que je n’avais pas lu de contemporain et ce n’était pas désagréable, c’était même assez frais !

Les personnages : Bon alors. Que dire sur les personnages ? Vu qu’il s’agit d’une fanfic « retravaillée » de Twilight, nous avons toute la clique à paillettes et Jacob… Edward est Christian Grey, un mania industriel multi-millionnaire, jeune, beau, « charismatique » et tout le tralala (sauf que lui, il ne brille pas au soleil)
Nous avons Bella alias Anastasia Steele, la jeune ingénue, maladroite, petite oie blanche peu sûre d’elle qui n’a jamais rien fait de sa vie, qui n’a pas confiance en elle, parfaite pour s’identifier.

Le reste à la limite c’est pas bien important, la coloc Kate, trop belle gosse à qui tout sourit, pour qui tout est facile. Elle, à priori, c’est Alice de Twilight et puis nous avons José, chez qui l’on reconnait l’ersatz de Jacob.

Je dois dire qu’à chaque fois que je voyais bouger, penser un personnage, j’avais dans un coin de l’esprit la tronche des acteurs de Twilight… ça n’aide pas ! J’aurai préféré avoir l’image de Jamie Dornan qui s’impose à moi mais non.

Bon, ok. Revenons aux deux personnages principaux.

Le souci que j’ai avec cet ouvrage, c’est non seulement ces personnages en tant que tels mais surtout la relation entre Christian et Ana. Il y a certes de la passion, de l’attirance, du désir etc mais pour moi, on est TRÈS loin d’une relation saine. Christian présente tous les signes d’un homme abusif et manipulateur : il est possessif et jaloux, auto-centré, il use de pressions pour obtenir des relations sexuelles avec Ana, il souffle le chaud et le froid, il a une attitude hyper paternaliste envers elle, pour lui il y a deux poids, deux mesures et je pourrai continuer.

Je pourrai entendre d’ici : mais non, il est juste ultra protecteur avec Ana parce qu’il l’aime ! Il lui offre des trucs, il la couve etc ! Attention à ne pas confondre harcèlement et protection !

Christian dépasse constamment les règles qu’il pose lui même. Il la stalke sur ton lieu de travail, l’espionne par le gps de son téléphone, il la suit jusqu’à l’autre bout du pays lorsqu’elle va en visite chez sa mère, sans y être invité. Moi je trouve ça creepy et inquiétant ! Le contrat n’est même pas encore signé mais il impose ses règles quand même (même s’il dit le contraire toutes les trois pages). Il dit à Ana qu’elle peut partir quand elle veut, qu’il n’y a pas de souci si elle ne veut pas s’engager dans cette relation, mais dès que ce n’est le cas, il vient la stalker et lui force une relation sexuelle. La première scène de sexe où Ana passe à la casserole m’a consternée. Il y a clairement un problème de respect de consentement dans ce livre.

Si Christian avait été moche, gros et patron d’une scierie dans le Connecticut, avec la même intrigue que le roman, on aurait été dans un épisode de Criminal Minds ! Mais là, le fait qu’il soit puissant, jeune, riche et beau fait tout passer comme une lettre à la poste.

Évidemment, EL James l’a affublé d’un passé douloureux et difficile comme pour excuser son comportement abusif d’aujourd’hui. Certes ça l’explique (quoique j’y crois pas des masses) mais de là à le trouver acceptable ??

En ce qui concerne Ana, ce personnage m’a paru être sorti du néant. Une coquille vide. Au fur et à mesure des pages, j’avais l’impression qu’elle n’avait pas eu d’existence avant la page 1 du roman. Pas un bobo, pas une amourette d’adolescence, pas une boite email, pas de vie sexuelle même personnelle, pas de trottinette, pas de rollers, rien. Elle est juste là, comme si elle avait été implantée ex nihilo dans le récit.
Toutefois, elle m’a plus d’une fois étonnée, dans le mauvais sens comme dans le bon. On sent à de nombreuses reprises dans le texte qu’elle n’est pas d’accord avec cette relation, avec ce que Christian lui fait subir. Qu’elle veut plus, qu’elle veut se respecter. Mais elle est aveuglée par son amour pour lui. Elle monte de temps en temps au créneau, tenant tête à Grey avec un semblant de courage mais à chaque fois que j’avais l’espoir de la voir taper des poings sur la table et lui dire merde, elle se transformait en serpillière et je la détestais encore plus pour cela.

L’intrigue : Pour moi, le BDSM n’était qu’un détail. une excuse. C’est la partie qui m’a le moins gênée pour tout vous dire, même si j’ai bien l’impression que l’auteur n’a jamais été plus loin que la première page de wikipedia pendant ses recherches. D’ailleurs même des adeptes de cette pratique critiquent ouvertement le livre, expliquant que cela de dépeint pas du tout la réalité du BDSMLiens :
http://www.theguardian.com/film/2015/feb/15/fifty-shades-of-grey-bdsm-enthusiasts
http://www.theatlantic.com/features/archive/2015/02/consent-isnt-enough-in-fifty-shades-of-grey/385267/L’intrigue tient sur le fait que l’on espère, avec Ana, être celle qui mènera vers la rédemption un être torturé. Une intrigue vieille comme le monde et qui a toujours bien fonctionné. Le syndrome de l’infirmière. Croire qu’on peut changer une personne brisée.

En fait, j’aurai aimé que le côté manipulation affective et abusive soit assumé et traité en tant que tel. Cela aurait pu être un roman noir à la passion qui détruit tout sur son passage, un peu à la « Hauts de Hurlevent » d’Emily Brontë. Un ouvrage où une jeune fille succombe aux pouvoirs de contrôle et manipulation d’un homme, et se perdre complètement dedans. Pas besoin de Happy Ending, juste assumer cette intrigue et ne pas la transformer en relation amoureuse guillerette et positive où toutes les lectrices se languissent à l’idée de trouver « leur Christian ».

Autre chose qui m’a énervée, le placement de produits constant. Les Audi, les Mercedes, les Apple, et j’en passe. Je sais que ça nous ancre encore plus dans le réel, mais ça ne vous a pas irrité les yeux ?
Le ton / le style : Peut-on réellement parler de style ? Pas vraiment. Avec le nombre de répétitions, de formules bancales, d’approximations de traductions (des fois on se demande si le traducteur n’avait pas jeté l’éponge…), on ne peut pas dire que ce soit bien écrit. 
Parlons des répétitions. Je sais qu’il y a sur internet un compte des réitérations du livre, de la déesse intérieure qui danse la country, le nombre de fois où Ana se mort la lèvre, et j’en passe. Ceci est sans doute du à la structure même de la fanfic qui est construite traditionnellement par chapitres postés à intervalles réguliers sur le net. Normal qu’il y ait donc des répétitions dans ce cadre-là.
C’est également essentiellement dû au fait que EL James a refusé que son texte soit relu et corrigé au moment où il a été acheté par une maison d’édition. Cela nous aurait au moins permis d’éradiquer ces répétitions. Et ça se sent !
Au niveau vocabulaire, un détail m’avait sauté aux yeux, l’absence de variété de termes pour les tétons. L’auteur (et le traducteur ?) n’utilisent que le mot « pointes ». Pointes ici, pointes là… euuuuh Têtons ? Aréoles ? Mamelons ? 3 secondes dans un dico des synonymes et le problème était réglé…

Les dialogues creux s’enchaînent. Certains sont assez pathétiques… Les « Bébé » de Christian me donnaient envie de le puncher, sa vulgarité aussi souvent. SO CLASSY !
J’ai trouvé la plupart des scènes de sexe assez risibles et pas très crédibles. Ana est tellement à fleur de peau qu’elle a des orgasme à répétition, à croire qu’elle pourrait en avoir un si elle se cognait à un meuble Ikea en allant arroser ses plantes vertes…
Alors soit, on va me dire que c’est parce que leur relation est tellement forte que les conséquences le sont aussi, mais bon… perso j’y crois pas des masses.

La seule chose que j’ai bien aimé au niveau du style, c’est le passage des emails qui donnent du rythme au récit.
_____________________________________________________________________On aime : Qu’ai-je aimé dans ce livre ? Sincèrement je ne sais pas. Je ne sais pas ce qui m’a donné envie de tourner les pages malgré toutes les invraisemblances, les WTF ??? et la pauvreté de l’intrigue, de l’écriture et des personnages.
J’apprécie le fait que cela m’a permis de découvrir le snark qui me fait bien marrer maintenant 🙂

On regrette : Tellement, mais tellement de choses ! Ce que je regrette le plus, c’est que la personnalité de Christian Grey n’ait pas été assumée jusqu’au bout et traitée en tant que telle, une personnalité à tendance manipulatrice, égocentrique et abusive, et pas juste quelqu’un un peu kinky qui s’éclate en filant des coups de cravache au passé dark.

Conclusion : Même si la lecture a été difficile pour mes yeux, mon égo, mon intelligence, je dois avouer qu’elle a été addictive. Toutefois, je ne peux pas fermer les yeux sur tous les problèmes que contient ce texte. Que ce soit dans le fond et dans la forme.
Donc à lire si l’on veut mais en étant conscient des enjeux.

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Une réflexion au sujet de « LIVRE : Cinquante Nuances de Grey de EL James (v__v) »

  1. salut ! je vais un commentaire après un bon moment où tu l'as écris lol ! bref ce personnage Christian Grey, je suis d'accord avec toi. Comme çà m'arrive d'être aussi un petit mouton, j'avais acheté le coffret en V.O d'occasion attention, j'ai eu les 3 bouquins pour 9 euros frais de port compris. mais c'est toujours neuf euros de trop (d'ailleurs le fait que les gens vendent des bouquins récents à un prix aussi bas me mettra désormais la puce à l'oreille car ils me sont arrivés tout neufs) bref j'ai fais un commentaire sur amazon aussi ou je disais plus succinctement la même chose. Que j'aurai préféré que EL James fasse assumer à son personnage principal son comportement. Au lieu de çà il joue à l'innocent dès que Anna pleure en lui demandant pourquoi tu pleures baby je ne comprends pas?!!! je n'ai absolument pas envie de lire la suite, et je pense que ses livres vont finir à la poubelles. Par contre moi j'ai adoré Twilight ! le premier tome n'est peut être pas le meilleur, mais ensuite la famille Cullen est bien développée ainsi que leurs adversaires vampires les Volturi and Co. à bientôt !

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