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LIVRE : Haut Royaume tome 1 : Le Chevalier de Pierre Pevel

haut_royaume_t1Titre : Haut Royaume, tome 1 : Le Chevalier
Auteur : Pierre Pevel (France)
Editions : Bragelonne

Année : 2013
Nombre de pages : 528 pages
Genre : Fantasy adulte

Lu en novembre 2016 – Février 2017

Ma note : ★★★★☆

Pitch de Livraddict : Un homme, un royaume, un destin. Il avait nom Lorn Askariàn. Certains disent que le malheur arriva par lui et d’autres qu’il fut celui par qui tout fut sauvé. Dans ses veines coulait le sang noir des héros condamnés. Le Haut-Royaume connaît sa période la plus sombre. Le roi est affaibli et la rébellion gronde aux frontières du territoire. En dernier recours, le souverain libère Lorn de ses geôles et le nomme Chevalier du Trône d’Onyx, chargé de protéger l’autorité royale. Héros valeureux et juste, Lorn est une figure d’espoir pour le peuple, mais il poursuit également un but secret : retrouver ceux qui l’ont maintenu en captivité, les uns après les autres… et leur faire sentir le goût de la vengeance.

Mon avis sur le livre :

Bon ! Que les choses soient dites, on a frolé le coup de coeur !
Après une pause pour avoir lu en priorité les fiancés de l’Hiver, j’ai littéralement dévoré ce livre en 3 semaines.
J’ai retrouvé avec un énorme plaisir la plume fougueuse pleine de verve de Pierre Pevel dans ce récit de fantasy pure. Après de nombreux livres de fantasy historique, j’étais curieuse de voir ce qu’allait nous concocter Pierre Pevel dans un cadre totalement inventé. D’un côté, je ne suis pas déçue. C’est épique, plein de rebondissements, la fin est… wow et les personnages tels qu’on les attend dans ce genre d’histoires : des héros / anti-héros pas si immaculés que ça, des secrets inavoués, des torts et injustices à redresser, des situations politiques impossibles, des révoltes qui grondent et des querelles larvées. A tout cela, rajoutez une écriture fluide, un sens de la mise en scène et des dialogues, j’ai adhéré à 200%
Là seule raison pour laquelle je n’ai pas eu de coup de coeur (et on n’était vraiment pas loin !), c’est que j’ai été déçue au niveau des personnages féminins. J’ai trouvé qu’elles ne sont pas bien nombreuses et cantonnées aux rôles secondaires de garces ambitieuses et retorses, de love interests du héros ou d’épouses de figurants. Et à cela, rajoutez que la moitié se fait violer. On ira me dire sans doute que c’est de la fantasy classique, que c’est une histoire virile, de soldats, d’hommes de guerres, où les femmes n’ont pas ou peu leur place. Mais l’avantage de la fantasy, c’est qu’on fait ce qu’on veut sans qu’on vienne nous embêter avec le réalisme par rapport à notre réalité à nous. On peut y faire des bataillons entiers de femmes ou des mondes où toute la population est noire, verte ou jaune sans que ça ne choque personne. Bref, j’aurai juste adoré que l’auteur prenne plus de risques et sorte des ornières de la tradition.

Maintenant cela dit, j’ai passé un excellent moment de lecture en tournant les pages frénétiquement. Et la fin, les enfants…. elle est mémorable !!

Maintenant, rentrons dans les détails, voulez-vous !

J’ai ce pavé relié dans ma bibliothèque depuis sa sortie en 2013. Et le fait est que je n’ai jamais pu le lire jusqu’à maintenant…Il me tardait de l’ouvrir, retrouver la plume de Pierre Pevel qui m’avait tant plu dans Les Enchantements d’Ambremer, Wielstadt et les Lames du Cardinal. Jusqu’à maintenant *touchons du bois* les sagas de Pevel ne m’ont jamais déçue et beaucoup font partie de mes coups de coeurs ou de mes meilleurs souvenirs de lecture. J’avoue que j’ai abordé ce livre aussi avec appréhension car c’était la première fois que l’intrigue se situe dans un univers totalement inventé, contrairement à tous les autres livres qui avaient un contexte et un emplacement historique (le XVIIe siècle français pour les Lames, le début du XXe pour les Enchantements, et la Guerre de Trente ans pour Wielstadt) J’étais très curieuse de voir comment l’ami Pevel allait bien pouvoir s’en sortir et la barre était haute.

J’ai commencé Haut-Royaume en novembre dernier mais il a fallu que je le repose pour pouvoir me consacrer à la lecture commune des Fiancés de l’Hiver. Celui-ci fini mi janvier, j’ai pu me remettre en toute intégralité à sa lecture. Le moins qu’on puisse dire c’est que j’ai été littéralement happée ! J’ai terminé ce pavé en 3 semaines (un exploit pour moi !) et j’ai dévoré ses pages, emmenant même le livre en numérique avec moi au travail pour pouvoir le lire à toutes mes pauses.

L’univers : J’avoue que c’est là que j’attendais Pierre Pevel qui jusqu’à maintenant avait quasi exclusivement travaillé sur de la fantasy historique. Se lancer maintenant dans de la fantasy pure et dure, où le monde entier est inventé par ses soins, peut produire des attentes ou des appréhensions chez le lecteur. Je dois dire que ça a été mon cas.
Nous sommes ici dans un univers fantasy tout ce qu’il y a de plus traditionnel, des pays et royaumes imaginaires qui se font et se défont au rythme des alliances et des guerres. Le Haut-Royaume est l’un des plus puissants, mais ruiné, face à son ennemi héréditaire, l’Ysgaärd de l’autre côté de la mer, où règne d’une poigne de fer le dernier dragon immortel. Le Haut-Royaume est dans le processus de céder contre monnaie sonnante et trébuchante une cité franche dont elle avait la responsabilité à l’Ysgaärd, ce qui remplirait les caisses d’un état exangue.
L’univers malgré son aspect très traditionnel et « simple » est plutôt engageant. Des royaumes aux politiques et stratégies complexes, des religions basées sur un panthéon de Dieux-Dragons, des situations géo-politiques sur le point d’exploser, il y a tous les ingrédients pour nous donner quelque chose d’épique.

Les personnages : Je dirai même LE personnage principal, Lorn Askarian que l’on découvre dans les premières pages au plus haut de sa carrière, de sa trajectoire de personnage et qui va sombrer, chuter au plus bas possible dès les pages suivantes. C’est un homme brisé, un ancien soldat à la santé mentale assaillie par les cauchemars de Dalroth, cette prison maudite, hantée et redoutée de tous. Mais les choses font qu’il revient en grâce, innocenté pour les crimes pour lesquels il a croupi dans la pire prison qui puisse exister pendant trois ans.

C’est ainsi qu’on fait la connaissance avec Lorn qui va porter tout le livre à bout de bras. Ancien soldat, un sujet du roi obéissant, compagnon d’enfance du prince, un ami fidèle, mais également taciturne, peu locace, qui se fiche complètement de ce que l’on peut penser de lui, c’est un homme charismatique, hanté par ses propres démons et ceux qui lui collent au crâne depuis Dalroth, un homme plein de regrets aussi et de ressentiment, qui a soif de vengeance. C’est l’archétype de l’anti-héros, un homme de valeurs mais qui n’hésitera pas à prendre des tangentes lorsqu’il jugera le nécessaire, où lorsque son honneur ou la vie de ses hommes sont en jeu. C’est un homme de poigne, charismatique qui saura s’entourer d’une poignée d’autres soldats triés sur le volet pour accomplir la mission du Haut-Roi.

Mais comme dit plus haut, là où j’ai été déçue, c’est au sujet du traitement des personnages féminins qui sont très en dessous de ce qu’elles auraient pu être. Très peu nombreuses, cantonnées à des rôles secondaires, à des rôles stéréotypés, des tropes usés jusqu’à la corde. J’aurai aimé avoir des personnages féminins à la hauteur des personnages masculins de ce livre, et je ne les ai pas trouvées. J’ai eu l’impression d’un roman entre hommes, avec des hommes virils, des vrais.
Et je trouve ça dommage, surtout quand on connaît les capacités de l’auteur pour donner vie à un univers et avec la manière.

L’intrigue : L’intrigue est essentiellement politique (les tractations entre le Haut-Royaume et l’Ysgaärd) mais elle tourne surtout autour de Lorn, de la mission que lui a confié le Haut-Roi, mais surtout sur sa reconstruction à lui, après Dalroth. Elle est rondement bien menée, l’auteur a un flair pour faire avancer ses histoires, installer des rebondissements au bon moment, installer une mise en scène efficace.
Et que dire du tout dernier chapitre qui est tout bonnement à tomber par terre !

Le ton / le style : Le style est complètement épique, laissant une bonne place aux dialogues, aux scènes d’actions très visuelles. J’aurai aimé un peu plus de descriptions pour profiter de l’environnement et mieux imaginer les paysages, les villes etc. J’aurai aussi bien aimé avoir une carte pour voir comment se plaçaient les royaumes en question, les Cités Franches, les différents voyages que fait Lorn dans le livre,… j’avoue, ça m’a manqué.

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On aime : L’univers et l’intrigue épique menée tambour battant. Les dialogues savoureux, le panthéon draconique et l’utilisation des dragons en général dans l’ouvrage. Une fin épique qui fait qu’on ne peut PAS s’arrêter là !!

On regrette : Les personnages féminins décevants, l’absence d’une carte illustrant les royaumes en question

Conclusion : Une lecture dont je vais me souvenir, pour ses (très) bons points mais également pour les déceptions. J’ai néanmoins le souvenir d’une très bonne lecture.

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