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Série TV – And Then There Was None (Dix Petits Nègres d’Agatha Christie)

Créée par : Sarah Phelps
Diffusée sur : BBC (TF1 puis TMC en France)
Avec : Charles Dance, Toby Stephens, Aidan Turner, Sam Neill…
Nationalité : Britannique
Genre : Drame, Thriller, Policier
Statut : Terminé
Nombre d’épisodes : 1 saison de 3 épisodes
Format : 52 minutes
Pitch (Allociné) : Isolés du continent par une tempête, huit inconnus sont accueillis par deux domestiques sur L’Île du Soldat, en Angleterre. Pendant le repas, une voix s’élève et les accuse tour à tour d’avoir commis un crime. Avant le matin, deux personnes ont déjà trouvé la mort dans des circonstances suspectes.
Ce grand classique d’Agatha Christie aura eu donc son adaptation en mini-série en 2015 à l’occasion du 125e anniversaire de la naissance de l’autrice, avec un casting 5 étoiles.
J’avais lu ce livre il y a longtemps, au collège en 5e et il m’a tellement marqué que je me souviens encore de qui est le coupable et pourquoi. J’avais tout surligné dans ce livre, fait la liste des morts dans l’ordre avec où quand comment, au point où ce livre est devenu un objet de spoilers en lui même…
Mais j’avais tout aimé dans cette histoire. L’écriture, le suspense, les personnages, tout est un chef d’oeuvre, simplement et m’avait marqué durablement.
J’avais cette série qui m’attendait sagement sur mon media center, sachant qu’elle est passée cet hiver en France et en Belgique, et qu’elle repasse en ce moment même sur TMC. Et c’est lors d’un weekend entre copines que nous avons regardé cette mini-série de 3 épisodes et qui a été un coup de coeur pour toutes les trois !
L’histoire se passe en 1939, juste avant que la guerre n’éclate. J’ai été surprise par l’époque où se déroulait l’intrigue. Dans mon souvenir, c’était plutôt dans les années 20 ou début des années 30 mais ça ne change rien niveau chronologique.
Les morts ne sont pas gores, ni dans la façon de filmer la découverte des cadavres ni dans leur type même (je pense à Harper’s Island par exemple dans le même type mais où les meurtres se faisaient plus sanglants voire gores)
L’adaptation est léchée et respectueuse, tout en y ajoutant des éléments qui permettent d’approfondir les éléments de psychologie des personnages sans dénaturer l’oeuvre originale : On peut ainsi voir des flashbacks pour chacun des personnages, revenant sur leurs crimes respectifs, ajoutant ici et là des motifs inavouables des protagonistes qui les ont poussé à tuer leurs victimes. Dans mon souvenir, ce n’était pas aussi poussé dans le livre (homosexualité refoulée par exemple) mais je peux me tromper et de toute façon ça donne plus de dimensions aux personnages qu’ils n’en avaient déjà.
La musique accompagne parfaitement l’intrigue, accentue le suspense sans prendre le dessus.
La lumière et la photographie sont également très travaillées, avec un traité différent selon s’il s’agit des flashbacks, plus colorés, plus saturés, ou l’intrigue principale avec les personnages coincés sur l’île, où les couleurs sont désaturées, tout est délavé et très gris.
Le casting est juste impeccable, chaque acteur incarne leur personnage à la  perfection. J’ai été plus que ravie d’y revoir Charles Dance dans le rôle du juge Wargrave, droit comme la justice, Toby Stephens (mon Rochester chouchou de Jane Eyre) dans celui de l’hystérique et couard docteur Armstrong, Sam Neill (Jurassic Park) dans celui du vétéran de guerre McArthur, et Burn Gorman (Notre cher Owen de Torchwood ♥) Que du beau linge !
Avec une mention spéciale pour Aidan Turner (vous vous souvenez de Kili dans le Hobbit ?) qui interprète Philip Lombard qui nous a fait avoir des vapeurs. La tension sexuelle entre lui et Vera Clayborne est tout bonnement incroyable et tellement bien amenée, petit à petit, par des regards lourds de sens et des situations tendues.
(et au vu des commentaires que j’ai pu voir sur le net, je n’ai pas été la seule !)
Il y a évidemment la question épineuse du titre et du poème autour duquel toute l’intrigue tourne autour, que les auteurs ont évacué en faisant le choix de ne pas utiliser les précédentes versions (Ten Little Niggers et Ten Little Indians) qui ont des connotations racistes et qui ne sont juste pas acceptables à notre époque. C’est d’ailleurs pour cela que le titre anglais est désormais « And Then There Were None » (Et Il n’en Resta Plus Aucun) en référence à la phrase de fin du poème.
D’ailleurs, le poème dans la série s’appelle désormais « Ten Little Soldiers », moins chargé comme connotation négative et raciste et le fameux jeu de statuettes qui apparaît dans le film n’est plus figuratif mais plutôt des figurines évoquant des humains.
On peut d’ailleurs se demander si une telle décision aura un jour lieu en France, de changer le titre Ô combien célèbre mais qui reste problématique, avec raison.

Bref, une belle galerie de portraits, de personnages avec leur part d’ombre qu’ils essayent tous de cacher et minimiser, chacun a ses squelettes dans le placard, à divers niveaux de culpabilité, une réalisation aux petits oignons, et un casting juste… parfait. Et même moi qui connaissait les tenants et les aboutissants, j’ai été complètement prise par ces trois épisodes où j’ai agréablement redécouvert cette histoire sous un autre jour.
Conclusion : une mini-série que je conseille absolument !
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