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LIVRE AUDIO : Gagner la Guerre de Jean-Philippe Jaworski

Titre : Gagner la Guerre
Auteur : Jean-Philippe Jaworski (France)
Livre Audio Audible

Narrateur : Jean-Christophe Lebert
Lien : Audible

Année : 1995
Nombre d’heures d’écoute : 35 heures 54
Genre : Fantasy, Aventure

Écouté en Septembre – Novembre 2017

Pitch (livraddict) : Au bout de dix heures de combat, quand j’ai vu la flotte du Chah flamber d’un bout à l’autre de l’horizon, je me suis dit : « Benvenuto, mon fagot, t’as encore tiré tes os d’un rude merdier. » Sous le commandement de mon patron, le podestat Leonide Ducatore, les galères de la République de Ciudalia venaient d’écraser les escadres du Sublime Souverain de Ressine. La victoire était arrachée, et je croyais que le gros de la tourmente était passé. Je me gourais sévère. Gagner une guerre, c’est bien joli, mais quand il faut partager le butin entre les vainqueurs, et quand ces triomphateurs sont des nobles pourris d’orgueil et d’ambition, le coup de grâce infligé à l’ennemi n’est qu’un amuse-gueule. C’est la curée qui commence. On en vient à regretter les bonnes vieilles batailles rangées et les tueries codifiées selon l’art militaire. Désormais, pour rafler le pactole, c’est au sein de la famille qu’on sort les couteaux. Et il se trouve que les couteaux, justement, c’est plutôt mon rayon…

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« Gagner la guerre » fut une lecture / écoute à la fois passionnante et longue. Le style est quasi jouissif, très riche mais pas ostentatoire, le récit est pleins de rebondissements, de panache, riche d’intrigues politiques, dans un univers foncièrement bien ficelé et magnifiquement dépeint. Néanmoins, il y a une partie de l’intrigue qui m’a pas mal dérangée (ce qui arrive à Clarissima, ceux qui auront lu sauront de quoi je parle et surtout la façon dont ce fil d’intrigue est résolu) et j’ai trouvé certaines parties assez longuettes (notamment la 2e partie)
Une bonne lecture au style et à l’univers riches mais dont certains choix restent pour moi problématiques.


Contexte de lecture : Cela faisait de longues années que j’avais entendu parler de « Gagner la Guerre », depuis sans doute mes 1eres Imaginales en 2011. Je l’avais gardé dans un coin de la tête. Puis des années plus tard, j’ai acquis le livre à mes dernières Imaginales en 2017. Mais vu l’épaisseur du pavé, j’ai opté pour la version audio disponible sur Audible dont je pouvais profiter pendant que je travaillais. Il m’a fallu quasiment 3 mois pour l’écouter tant le livre était dense.
Le début était tonitruant, pleins de rebondissements et de panache, typique du genre de Cape et d’Epées. Pourtant j’ai senti un petit coup de mou dans la 2e partie du récit qui m’a moins intéressée.  

L’univers : Nous sommes ici dans un univers de jeux de rôle période Renaissance, un mélange des Cités-Etats italiennes du XVe-XVIe siècle et de régime politique de la Rome Antique avec ses grandes familles patriciennes et ses complots politiques, le clientélisme, les conflits d’intérêts, etc. C’est un univers qui m’a paru extrêmement riche, solide et développé, qui tient debout tout seul, si l’on peut dire. 

En ce qui me concerne, le seul point noir était l’insertion d’elfes dans la 2e partie du livre. (Vous allez croire que j’ai une dent contre les Elfes 😛 Bon oui… peut-être un peu…) Mais dans ce monde si riche déjà à lui tout seul, je n’ai pas vraiment compris l’intérêt que ces personnages soient des elfes. D’autant qu’ils ne sont pas décrits vraiment différents des hommes. Rien ne rappelle leur longévité ou leurs oreilles ou quoi que ce soit d’autre. Ils sont certes moins parfaits en apparence que les elfes de Tolkien, ils sont cabochards, traitres, soudards, mais bon, je ne vois pas pourquoi il fallait que ce soit des elfes absolument…  Etait-ce vraiment important ? 

C’est un univers où il y a de la magie, presque organique et qui n’est ni tape à l’oeil ni ostentatoire. Et ça, c’était plutôt bien vu, même si du coup, elle est plus difficile à distinguer et reconnaître.

Ciudalia est un personnage à part entière, une ville opulente, aux différents quartiers où se mêlent riches et pauvres, avec toute la population que l’on attend dans une cité de ce genre. C’est un système aussi extrêmement dur et patriarcal où les femmes n’ont pas grand chose comme valeur, mis à part donner un héritier mâle. (Pour les femmes riches, parce que les femmes pauvres, on n’en parle pas des masses à part les pensionnaires de bordel, ce qui donne une vision extrêmement limitée de cette société)

Les personnages : Dans cet univers italianisant, il est logique de n’avoir quasi que des noms à inspiration italienne ou latine. Mais vu le nombre impressionnant de personnages, il est également extrêmement facile de s’y perdre, de confondre les uns et les autres pendant la première partie. Nous suivons le récit à travers les yeux de Don Benvenuto Gesufale, homme de main de l’homme le plus important de Ciudalia, celui à qui l’on confie les basses besognes et les missions périlleuses. C’est un sale type, gouailleur, qui n’hésitera jamais à zigouiller qui que ce soit pourvu que ça l’arrange et qu’il remplit sa mission. Il reste loyal, malgré les coups bas et extrêmement bon dans sa tâche. On est clairement dans l’anti-héros avec un grand A. Il a des côtés que l’on apprécie quand même, il reste très humain dans ses imperfections. Son patron le Podestat Leonide Ducatore est retors à souhait, tout miel et diplomate au dehors, mais fin politicien et commanditaire d’assassinats par derrière. Il a peu de scrupules surtout si cela met en avant sa famille et lui assure une stature et un poids politique dans la cité. C’est un calculateur hors pair, froid et stratège.

Toute une foule de personnages secondaires gravitent autour de Benvenuto et Ducatore : membres de la famille, des clans adverses, la guilde des malfrats dont dépend Benvenuto, sans parler des Réssiniens, les habitants de l’île voisine en guerre avec Ciudalia, inspirée de la Perse antique.

Pour autant, il y a très peu de femmes. C’est le moins qu’on puisse dire. Donna Clarissima, fille du Podestat, victime directe et indirecte des machinations de son père et des actions de Benvenuto. Toute l’intrigue qui entoure ce personnage m’a à la fois intéressée et profondément mise mal à l’aise. Je ne veux pas spoiler mais j’ai trouvé que la 2e partie du roman, découlant d’une action concernant Clarissima m’a posé question, surtout sur la justification de l’acte et comment le coupable s’en sort. Ceux qui auront lu comprendront, j’espère, ce dont je parle.

Je ne sais pas si c’est le genre qui veut ça (les Trois Mousquetaires ou Haut-Royaume ont les mêmes défauts à divers degrés) mais j’ai eu l’impression dans mes diverses lectures de romans de cape et d’épées que les femmes étaient sous-représentées en nombre, en qualité et en rôle acteur. Et même si je sais qu’il s’agit souvent d’une société patriarcale et que, par conséquent les femmes en bavent des ronds de chapeau, c’est dommage qu’elles n’aient pas plus d’importance que ça, ou alors qu’un rôle passif, même important.

L’intrigue : L’intrigue tourne tout entière autour de machinations politiques, ce que les hommes de pouvoir sont prêts à faire pour garantir leur position et celle de leur famille, étendre leur cercle d’influence, écraser la concurrence, rafler la plus grosse partie du butin. C’est une intrigue riche, pleine de rebondissements.
Néanmoins, j’ai trouvé que la 2e partie souffrait de lenteurs, on était vraiment dans le ventre mou du livre, et il a été difficile pour moi de repartir. Mais une fois que le rythme reprend, le récit nous emmène jusqu’à la fin, tambours battants.

Le ton / le style : La plume de Jean-Philippe Jaworski est ce qui m’a sans doute le plus séduit dans ce livre, avec l’univers riche et détaillé. Sa prose est magnifique, fluide, compréhensible et on a l’impression de se faire tirer vers le haut sans pour autant être regardé de haut. Les dialogues sont savoureux, le style est rythmé, ça a été un vrai plaisir d’écoute et de lecture, malgré une propension à être trèèèès (voire trop) prolyxe. L’auteur est très très bavard, mais ce qu’il raconte est juste prenant. Mention spéciale pour la scène toute en argot entre Benvenuto et le Maître des malfrats de Ciudalia, c’était magistral

La qualité de l’écoute : Le narrateur Jean-Christophe Lebert a fait un travail fantastique, racontant d’une voix de maître et d’un air gouailleur toute l’histoire. C’était juste parfait. La façon dont il prononce tous les noms italiens et latins est du pur bonheur pour les oreilles.

On aime : L’univers si riche, la prose et le style de l’auteur qui malgré les lenteurs ont réussi à m’impressionner et me séduire.

On regrette : Le peu de place des femmes dans l’intrigue, ce qui arrive à Clarissima (je m’en remettrai pas), le gros ralentissement au milieu du livre et ces f**** elfes pour lesquels je me suis demandé ce qu’ils fabriquaient ici…

Conclusion : Une bonne lecture pour laquelle il faut prendre son temps, un très bon bouquin à écouter, raconté et écrit avec maestria. Je ne le noterai pas avec une note maximale par contre, à cause des points négatifs que j’ai soulevés plus haut.

 

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