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LIVRE – Arachnae de Charlotte Bousquet

Titre : Arachnae (tome 1)
Auteur : Charlotte Bousquet (France)
Editions : Hélios (Mnémos)

Année : 2013 (2009 : 1e édition)
Nombre de pages : 345 pages
Genre : Dark Fantasy

Lu en Décembre – Janvier 2018

Pitch (livraddict) : Des ténèbres des bas-fonds aux éclats de la cour royale, la cité d’Arachnae se livre dans toute son horreur et ses excès… Dans le secret des arcanes du palais se joue une guerre souterraine entre le prince Alessio et les Moires, qui remettent en cause sa légitimité. Dans les riches faubourgs de la ville, une secte démoniaque étend son influence sur l’aristocratie décadente de la cité. Dans le Labyrinthe, quartier sordide où se côtoient la misère et le vice, les autorités retrouvent des corps d’enfants torturés. Afin de résoudre ces crimes en série, la jeune bretteuse libertine Théodora doit s’allier à l’austère capitaine de la milice Tigran Gracci… Se laisseront-ils engluer dans la toile mortelle de la destinée ?

Un univers sombre, glauque, délétère où même la météo est lugubre. Les personnages sont sombres aussi, traumatisés, blessés autant sur le plan psychologique que physique, la civilisation est décadente, les crimes sont sordides, à la limite du soutenable. Nous sommes clairement ici dans un roman de Dark Fantasy, souvent plus proche de l’ambiance du fait divers que de la fantasy plus habituelle. Cela peut paraître un peu rebutant mais pour moi, Arachnae aura été une lecture que j’ai dévorée, même si au final, je reste avec cette impression qu’il m’a manqué quelque chose dans cette histoire pour qu’elle prenne toute son ampleur. Peut-être est-ce la noirceur omniprésente, ou bien certains choix scénaristiques, ou peut-être juste l’image que je m’en étais fait, je ne sais pas…

Contexte de lecture : Cela fait des années que je suis attirée par ce bouquin. Le titre m’appelle de façon totalement irrationnelle, mais il y a des livres comme ça qui ont l’air de porter un transmetteur caché et qui fait biper votre radar. C’était le cas de celui-ci. Arachnae est aussi synonyme pour moi de ma découverte des Imaginales et donc de Charlotte Bousquet en 2011. Et il aura fallu attendre 2016 pour que j’achète le livre et 2017 pour que j’ouvre ses premières pages.

L’univers : Nous sommes ici dans un monde imaginaire, dans un chapelet d’îles de cités Etats, à l’inspiration italienne de la Renaissance. Arachnae est l’une de ces cités voire la cité la plus puissante de l’Archipel des Numinées où le pouvoir a la particularité de se transmettre qu’entre femmes et ce depuis des siècles. Chaque dirigeante est accompagnée par un groupe de femmes medium, les Moires, qui sont les représentantes vivantes des trois Parques de la Mythologie grecque, Clotho, Lachésis et Atropos. Or l’ordre des choses a été chamboulé à Arachnae, suite à la mort de la dernière Princesse, c’est son frère (son plus proche héritier) qui a reçu la principauté d’Arachnae en héritage, ce qui déplait fortement aux Moires qui sentent le pouvoir leur échapper.
Arachnae est une ville de complot dans les plus hautes sphères, où la loi de la préservation des traditions et de la lignée condamne à la mort ceux qui gênent la coutume. Mais c’est également une ville où les quartiers les plus pauvres sont également lieux de perdition, et où prostitution, meurtres, et tous les vils instincts ont cours à tous les coins de rues.
C’est un univers âpre, dur, sombre, en pleine décadence qui ne laisse aucune place à l’espoir, et où on a l’impression de voir tout s’effondrer au ralenti.
Il faut être assez ouvert pour se laisser emporter par cette ambiance, ça a été mon cas.
Là où je mettrais un bémol, c’est à propos de cette impression que la Cité ne se résume qu’au Palais du Prince et au Labyrinthe : les bas fonds de la cité où se mêlent les bordels les plus glauques, les individus les plus pervers et où tout n’est que misère et souffrance.

Les personnages : A l’instar de la noirceur de l’univers, nous avons des personnages désabusés, qui tentent (ou non) de se sortir de ce pessimisme ambiant. Nous suivons les pas de Théodora (alias Théo), jeune femme qui couve un désespoir et un mal-être palpable, incapable de ressentir quoi que ce soit, aucun attachement à quiconque, situation qui la mine totalement. Une enfance dure, mais promise à un destin hors du commun dont elle a du mal ni à voir ce que ça veut dire ni à en accepter la charge. Elle est entourée de nombreux personnages secondaires, comme Ornella, comédienne et courtisane, et espionne à ses heures perdues, Tigran Gracci, le capitaine de la police qui enquête sur ces meurtres d’enfants sordides, à l’oeil terne de celui qui en a trop vu, Morsure, la mercenaire assassin défigurée qui essaye de s’en sortir et se venger de tous ceux qui lui ont fait du mal pendant son enfance. Au palais, Alessio, le Prince d’Arachnae se bat lui aussi contre la tradition, même si ses intentions sont justes. Il lutte contre les Moires qui conspirent contre lui, contre sa propre femme qui a d’autres plans, quitte à prendre des décisions détestables que la raison d’état l’oblige à prendre.
Tous les personnages ont l’air de doucement glisser vers les ténèbres, psychologiquement et physiquement, à tel point qu’on se demande si l’un d’eux va simplement s’en sortir indemne. C’est peut-être pour ça que j’ai eu un peu de mal à m’identifier aux personnages, si sombres et désabusés. Mais la plume de l’auteur réussit à nous séduire et nous invite à nous faire du souci pour ses personnages.

L’intrigue : Le moins que l’on puisse dire c’est que l’ambiance est lourde ! Il faut avoir le coeur bien accroché. L’intrigue tourne autour de meurtres atroces d’enfants pour ne pas dire gore, dont les corps mutilés et profanés sont retrouvés dans les bas fonds d’Arachnae. Qui se cache derrière ces atrocités et pourquoi ? Cette partie m’a d’ailleurs beaucoup rappelé les rumeurs de meurtres d’enfants dont on accuse Gilles de Rais au Moyen Âge qui étaient fort similaires.
Il y a malgré tout, quelques fois où j’ai été un peu perdue dans la mécanique des événements, un peu déstabilisée par certains choix dans l’intrigue, par certaines étapes par lesquelles l’autrice nous fait passer, qui pour moi ont un peu ralenti le rythme. (d’ailleurs, si quelqu’un pouvait m’expliquer cette scène à la fin, avec la souris qui apparait là comme ça au détour d’une phrase et qui fait tout basculer… j’ai pas compris)

Le ton / le style : Je ne sais pas pourquoi mais je m’attendais à un style plus soutenu et plus exigeant avant d’ouvrir le livre. Sans doute était-ce à cause de la proximité de l’univers avec celui de « Gagner la Guerre » de Jaworski. Mais non, ici, l’écriture est moins fleurie mais tout aussi fluide, narrative, qui nous entraine avec les personnages dans leurs sombres péripéties.
Bref, j’ai vraiment dévoré ce livre. Les descriptions et l’action sont bien équilibrées, même si j’aurai voulu en voir un peu plus de cette cité d’Arachnae qui a l’air de se résumer au palais du Prince et ses complots de cour et aux bas-fonds de la cité où ça tue et fornique à tour de bras.

 

On aime : L’univers, la facilité de lecture, le côté glauque et sordide totalement assumé de l’intrigue (en tant que lectrice intéressée par les faits divers et les serial killers, j’étais préparée), cette absence d’espoir et de positif qui est aussi l’une des forces du livre

On regrette : Le peu d’empathie de Théodora qui fait qu’on a du mal à s’accrocher à elle, ce petit quelque chose qui manque, certains moments où il m’a semblé de rien comprendre du tout, cette absence d’espoir et de positif qui peut paradoxalement déranger.

Conclusion : Une lecture coup de poing, que je conseille pour ceux qui sont à l’aise avec la fantasy, en espérant que le côté sordide et gore des meurtres, et l’absence d’horizons plus cléments ne gênent pas à la lecture. Cela dit, j’ai hâte de découvrir les deux autres tomes de la saga : « Cytheriae » et « Matricia », complètement séparés d’Arachnae mais se déroulant dans le même univers de l’Archipel des Numinées.

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