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LIVRE – Les Arches de Walse de Caroline Duflot

Titre : Les Arches de Walse
Auteur : Caroline Duflot
Editions : Les Éditions du Net

Année : 2019
Nombre de pages : 507 pages
Genre : Fantasy

Lu de Juillet à Octobre 2019

Pitch (Livraddict) : Sur Walse, Bérellins et Moans vivent ensemble, leur population soudée autour de trois grandes Cités. Au fil des années, leur société commune s ?est développée grâce à l’extraction des précieuses navilithes, roches chargées en une énergie très convoitée. Mais les tensions s’accumulent et l’étau de l’histoire se resserre autour d ?un monde en souffrance. Sérine, jeune Bérelline de la Cité d’Orkhamir, entreprend un nouveau voyage en quête de vérité. Sa route croisera le destin d’une Moan en fuite, d’un ancien mineur et d’une Entité vagabonde, à travers les paysages de Walse et les drames qui se jouent à sa surface. Depuis l’obscurité des Forêts fossiles aux glaces des Monts Siekter, des ruines d’un temps perdu à l’immensité des plaines de l ?Est, le monde de Walse s’apprête à livrer tous ses secrets.

Je ressors de cette lecture vraiment mitigée. Il y a un univers dense, travaillé et bien ficelé, des thématiques vraiment intéressantes (le vivre ensemble de plusieurs races, un danger écologique, l’entraide, l’amitié). Néanmoins le roman souffre de longueurs inutiles, d’un problème de rythme de l’intrigue et de personnages trop sous-développés auxquels on lutte pour s’y attacher et s’identifier. L’intrigue traîne un peu trop les 3/4 du livre pour se précipiter à la fin.
La plume est belle est soignée, au détriment de l’intrigue et du développement des personnages. C’est vraiment dommage car il y avait un vrai beau potentiel.

Contexte de lecture : J’ai été contactée par la maison d’édition Les Éditions du Net qui m’a proposé de lire ce roman de fantasy, me présentant quelques arguments qui ont su me convaincre. De la fantasy, des personnages principaux féminins, un danger écologique, je dis pourquoi pas ?
Ma lecture en tant que telle a ressemblé aux montagnes russes. Un très beau départ en trombe, et puis des hauts, et des bas, et des très hauts ou ça va vite, et des très bas. Pour être honnête, j’ai été emballée par le début, la qualité indéniable de l’écriture, la découverte des personnages et de l’univers. Toutefois, plus cela avançait, plus j’avais du mal à lire. Arrivée à presque la moitié du livre, je me suis demandé si je n’allais pas carrément l’abandonner car il me tombait des mains. Pendant mes vacances en septembre, je lui ai donné une dernière chance avant de prendre ma décision. Et là, il y a eu une fulgurance. ENFIN, les personnages étaient RÉELLEMENT en danger et je m’en faisais pour eux. Là, j’ai tourné les pages, et ai quasi avalé 25% du livre en un jour. Et puis le soufflet est retombé.

L’univers : Walse est une planète habitée par de nombreuses espèces intelligentes, dont notamment les Bérellins, une espèce humanoïde semblable à la nôtre, et les Moans, une espèce aviaire, sorte d’oiseaux géants, doués d’intelligence, de paroles et d’une culture à eux. C’est une planète atypique car l’écosystème fragile s’assèche partout et il y a ce qu’on appelle le Ciel Océanique. Une couche d’eau dans le ciel qui protège les habitants de Walse des rayons dévastateurs du soleil. Personne ne sait depuis quand ce Ciel Océanique existe, ni même s’il a été là tout le temps. Il se murmure qu’il fût un temps où l’eau n’était pas dans le ciel… Tout serait lié à des Cristaux mystérieux enfouis dans le sol à divers endroits de la planète qui se meurt petit à petit.
Là où j’ai eu quelques questionnements également, c’est sur l’échelle dans laquelle l’intrigue se passe. On nous parle d’une planète entière, avec un problème mondial, mais on ne nous montre que des cités à la géographie diverse (la Cité du désert, celle des marais, etc). Nos personnages durant leurs pérégrinations n’ont parcouru que peu de kilomètres face à l’immensité d’une planète entière… S’agit-il d’un unique continent de la taille de l’Europe ? Plus petit ? Plus grand ?

On y parle d’appauvrissement des matières premières, de la sécheresse et de la déforestation, des problèmes que cela engendre auprès des peuples indigènes, mais aussi des avancées technologiques, des bienfaits que ceux-ci procurent à la population, mais également le coût dévastateur de ces avancées en se posant la question : est-ce que ça vaut le coup ? C’est une thématique forte et extrêmement actuelle qui m’a beaucoup séduite.

L’univers de Walse est extrêmement fourni, travaillé, varié, que ce soit la faune, la flore, la géographie, la topologie, les caractéristiques spécifiques de cet univers. C’est agréable et appréciable même si au final, j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de choses qui n’étaient là que pour le décorum et qui n’apportait rien à l’histoire, mis à part montrer que l’univers était travaillé. Peut-être est-ce du à la faiblesse du développement des personnages qui, du coup, laisse apparaître des travers au niveau de l’univers.

Les personnages : C’est là un des points forts mais également des points faibles du roman. C’était très bien parti avec la rencontre de Sérine, la Bérelline et Parelyr, la Moan (ma préférée) qui vont se connaître, se découvrir une amitié forte et s’entraider dans leurs quêtes respectives. Parelyr est sans doute le personnage dont je me suis sentie le plus proche et la plus investie. Sérine m’a laissée un peu plus dubitative, la sauce ne prenait pas avec elle. Quant aux autres personnages, j’avoue que j’ai bien moins accroché. À vous écrire ce billet, j’ai même du mal à me souvenir de leurs noms… Il y a l’Entité, qui nous est présentée sous la forme animale d’un grand félin doué de parole mais à l’origine mystérieuse puisqu’elle montre un lien particulier avec les Cristaux et des pouvoirs qu’elle ne dévoile pas tout de suite. Elle aurait pu être intéressante si mieux développé. Les autres personnages secondaires sont malheureusement assez anecdotiques et n’auront de rôle qu’à les aider ici et là dans leur quête.

L’intrigue : Le roman est en fait un grand voyage, une quête où les personnages vont aller d’une cité à l’autre, découvrir les Cristaux et le danger qui menace Walse, tout en cherchant un remède et en voulant échapper également aux forces contraires qui les menacent. Je n’ai malheureusement pas assez senti ce danger, que ce soit écologique, ou individuel, avec les personnes qui les recherchent et qui les traquent. Justement, la seule fois où les personnages principaux étaient RÉELLEMENT mis en danger, c’est là que mon intérêt s’est vu renouveler. Je me suis ENFIN pris d’empathie pour elles, je me suis fait un sang d’encre, parce que je m’inquiétais réellement. Avant et après, j’avais juste l’impression d’un récit de voyage lambda, où les persos vont d’un point A à un point B à travers de jolis paysages. Dommage.
Je retiens néanmoins la scène finale du roman qui est magnifique, rappelant une certaine scène poétique et très poignante de Mononoke Hime
Là où selon moi le roman pêche, c’est au niveau de son rythme. Tout est très lent pendant 75% du livre, et tout se précipite dans le dernier quart. On nous balance des informations fondamentales dans cette dernière partie, sans avoir le temps de les assimiler que d’autres arrivent derrière et l’on a l’impression d’un emballement parce qu’il faut que le livre se termine.

Le ton / le style : La plume de l’autrice est l’une des qualités indéniables du roman. On ressent tout à fait le travail apporté à la narration, aux descriptions, le soin donné aux dialogues qui rend la lecture vraiment agréable. Mais cela ne compense pas les faiblesses narratives.

 

On aime : L’univers dense, les thèmes du roman, forts et actuels, Parelyr et les Moans en général, la plume de l’autrice vraiment très agréable et plaisante à lire

On regrette : Les personnages malheureusement sous-développés, pas assez mis en danger, creux par moment. L’intrigue inégale et la précipitation dans laquelle se termine le roman.

Conclusion : Un premier roman intéressant mais qui pêche à plusieurs endroits et qui ont failli me faire abandonner le livre. Les personnages, leur écriture et leur développement sont fondamentaux dans n’importe quel roman, y compris ceux de fantasy. Vraiment dommage qu’ici, les personnages aient été en dessous, il y avait pourtant un beau potentiel. 

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